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L’autocompassion

L’autocompassion a été prouvé comme étant très utile pour prendre soin de soi. L’autocompassion c’est d’avoir de la compassion pour soi. Dans cet article, je présente comment y arriver en abordant les trois composantes de l’autocompassion.

Selon Kristin Neff, chercheuse pionnière dans ce domaine, l’autocompassion repose sur trois composantes fondamentales : la bienveillance envers soi, l’humanité commune, et la pleine conscience. Ensemble, elles permettent de réduire l’autocritique et de donner l’espace pour accueillir ses émotions.

Pour une personne à HPI, l’autocompassion peut permettre de réduire l’autocritique, les exigences élevées et le perfectionnisme malsain. Pour ma part, il s’agit d’un outil que j’utilise et qui m’a grandement aidé à me sentir mieux. Ceci étant dit, l’autocompassion est utile pour tous et non seulement pour les personnes à HPI

La bienveillance envers soi

La première composante de l’autocompassion est la bienveillance envers soi. Kristin Neff la définit comme le fait de se traiter avec la même douceur, la même compréhension, et la même patience que l’on offrirait à un ami qui vit une situation similaire.

Pour les personnes à HPI, cela peut être difficile à mettre en place. En effet, le HPI s’accompagne souvent d’un sens critique élevé envers soi ainsi qu’un perfectionnisme. Bien que dans certains contextes, cela peut être adapté, il peut arriver qu’une personne développe une grande autocritique de soi qui peut la rendre malheureuse. Par exemple, une personne peut avoir souvent des pensées comme : « J’aurais dû faire mieux. », « Si ce n’est pas parfait, c’est mauvais .» et « Ce n’est pas assez. »

Votre valeur ne dépend pas de ce que vous accomplissez. Vous êtes digne d’être aimé même si vous n’êtes pas parfait et même si vous faites des erreurs. En ce moment, je fais preuve de bienveillance envers vous. La prochaine étape, c’est de le faire envers vous-même.

De plus, il ne faut pas voir dans la bienveillance envers soi un moyen de se trouver des excuses, ni comme un moyen de se complaire dans ses difficultés. C’est simplement reconnaitre que l’erreur fait partie de l’expérience humaine, et que l’autocritique excessive n’a jamais aidé à progresser. On peut reconnaitre la difficulté, l’erreur et vouloir faire mieux la prochaine fois, sans aller à l’outrance dans l’autocritique.

La recherche montre d’ailleurs que la bienveillance envers soi réduit le perfectionnisme, l’anxiété et le stress, tout en augmentant la motivation réelle et durable (Neff, 2023).

L’humanité commune

La deuxième composante est l’humanité commune. Elle consiste à reconnaître que la souffrance, l’erreur, la frustration et les limites font partie de la condition humaine. Nous ne sommes pas seuls à vivre cette réalité. Dans la chanson de Stromae, L’enfer, il chante : J’suis pas tout seul à être tout seul, ça fait déjà ça d’moins dans la tête.
L’humanité commune c’est un peu ça, il faut se rappeler que d’autres vivent et ont vécu des choses similaires.

Pour les personnes à HPI, cette composante est particulièrement importante. Il n’est pas rare de parler du sentiment de décalage des personnes à HPI. Elles peuvent se sentir isolées, voire bizarres. L’humanité commune aide à se rappeler que vous n’êtes pas les seuls à vous sentir différent. Il y a d’autres personnes qui se sentent en décalage et qui vivent des difficultés similaires à vous.

L’humanité commune rappelle que tous les humains souffrent, doutent, se trompent, et cherchent leur place. L’imperfection n’est pas un défaut personnel, mais une réalité universelle.

La pleine conscience

La troisième composante est la pleine conscience. Elle est décrite comme la capacité de rester présent à ses émotions sans les fuir, sans les amplifier, et sans s’y identifier complètement. Il s’agit d’un état d’esprit attentif à ce qui se passe à l’intérieur sans jugement.

Pour les personnes à HPI, cette composante est essentielle, mais elle peut être la plus difficile à mettre en place. Le HPI implique souvent une hyperanalyse et une tendance à ruminer. L’autocritique et le perfectionnisme amènent à se focaliser sur ce qui ne va pas, sur ce qui aurait dû être différent, sur ce qui « aurait dû » être parfait.

Ainsi, la pleine conscience se veut un moyen d’observer ses pensées sans y croire automatiquement, d’accueillir ses émotions sans les laisser prendre toute la place. Elle permet de s’accueillir sans se juger. Par exemple, si vous avez comme pensée : « Je devrais en faire plus, je ne suis pas bon », il s’agit la laisser aller, sans la ruminer davantage, et de ne pas y associer son identité. Ce n’est pas parce que vous avez une pensée que c’est la réalité. La capacité d’être en pleine conscience demande beaucoup de pratique et de temps. Avec les autres composantes de l’autocompassion, elle devient plus facile.

L’autocompassion une compétence à développer

L’autocompassion est une compétence qui se développe. Il faut du temps et ça ne sera pas toujours facile. J’aime dire qu’il faut faire preuve d’autocompassion avec soi dans le développement de l’autocompassion. Ça ne sera pas une ligne droite, surtout si vous avez une forte tendance à l’autocritique. Cependant, vous n’êtes pas les seuls à passer par là (#humanitécommune). Moi-même, je n’y croyais pas vraiment au début et finalement je vois une grande différence dans mon discours interne.

L’utilisation des trois composantes de l’autocompassion m’a vraiment aidé à réduire mon autocritique et à accueillir mes émotions. Globalement, lautocompassion peut aider à se sentir heureux, stable, résilient, à dormir mieux et pleins d’autres avantages (Neff, 2023). Si tu veux en apprendre plus sur le sujet, je t’invite à aller sur le site de Kristin Neff : https://self-compassion.org/.

Merci de m’avoir lu, si vous voulez en apprendre plus sur le perfectionnisme chez les personnes à HPI je vous invite à aller ICI. Au plaisir de lire vos commentaires si vous souhaitez partager votre vécu.

Neff, K. D. (2023).  Self-Compassion: Theory, Method, Research, and Intervention.  _Annual Review of Psychology, 74:_193-217.  PDF

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