J’aime imaginer mon énergie disponible dans ma journée comme une barre d’endurance dans un jeu vidéo. Cette barre se vide selon les actions, mais elle peut se remplir aussi si je me repose. Je commence cet article ma barre d’énergie pleine, on verra combien de temps cela va durer.
Toutes les personnes ont un niveau d’énergie différent. Certaines personnes peuvent réaliser plein de tâches et de projets dans une même journée. Une même activité, par exemple, voir des amis, ne consomment pas la même quantité d’énergie pour chaque personne. Dans mon cas, j’ai remarqué que j’avais une quantité d’énergie limitée et plus basse que la norme des gens. Avec un HPI et un TDAH, mon énergie ne fonctionne pas comme celle des autres. Depuis que je suis enfant, lorsque je suis dans des partys de famille, je suis rapidement fatigué. Quand j’étais jeune, c’était « normal ». J’étais un enfant et je n’étais pas en mesure de veiller aussi tard que les adultes. Maintenant, je remarque que, rendu à l’âge adulte, je n’ai pas autant d’énergie que ma famille. Je suis encore dans les premiers à être fatigués et à ne pas être en mesure de rester éveillés tard. Ça me demande plus d’énergie que les autres socialiser. Ma barre d’énergie se vide rapidement. Est-ce un simple exemple? Est-ce seulement applicable à ces contextes? Malheureusement, non.
Dans plusieurs sphères de ma vie, je n’ai pas l’impression de pouvoir suivre le rythme des autres. Dans une journée de travail, je suis efficace et je performe super bien, mais à la fin de la journée, quand mes collègues proposent d’aller faire une activité, je ne peux même pas envisager d’y aller. Il faut que je sois mentalement préparé à ça, car la spontanéité n’est pas une de mes forces. Je dois prévoir de me garder du jus pour l’activité sociale. Sinon, je ne suis pas en mesure d’y participer et d’éprouver du plaisir. En me prévenant en avance, je peux planifier comment je vais « utiliser » mon énergie dans la journée, voire la veille. Ainsi, je suis mieux disposé pour l’activité prévue.
Le HPI mélangé avec un TDAH m’amène à être tout le temps très actif dans ma tête. Je suis toujours en train de réfléchir et d’avoir une voix qui ne s’arrête jamais. Je fonctionne différemment des autres. Mon cerveau va vite, mais il consomme beaucoup d’essence. Est-ce un problème? Pas nécessairement. Cependant, il faut apprendre à gérer cette énergie et cette vitesse. Parfois, il faut savoir mettre les freins.
Lorsque je consultais ma neuropsychologue pour faire mon évaluation du HPI, nous discutions beaucoup de mes différences, notamment sur mon rythme à l’école ou au travail. Je lui expliquais que j’étais capable d’obtenir d’excellents résultats en très peu de temps, mais après j’étais fatigué comme quelqu’un qui aurait travaillé 5 fois plus longtemps que moi pour un résultat similaire. Elle m’a mentionné la règle du 80,20. 80% de résultat pour 20% d’effort. Essentiellement, pour obtenir un résultat bon, soit un équivalent de 80% de satisfaction, je dois mettre 20% d’effort. Cependant, si je veux obtenir un excellent résultat, soit presque 100%, je dois mettre 100% d’effort. Ici, la question est de se demander si le 20% de plus de résultat vaut la peine de mettre le 80% de plus d’énergie et d’effort. La réponse est souvent non, mais pas toujours. Parfois, il y a des projets, des travaux ou des tâches qui demandent la perfection (#chirurgiecœurouvert), mais souvent on demande juste quelque chose de bien. Bref, en appliquant cette règle, je consomme moins d’énergie à viser une perfection arbitraire et plus d’énergie à faire d’autres activités. Si vous voulez en savoir plus sur le perfectionnisme c’est ICI.
La théorie des cuillères
La théorie des cuillères est une métaphore de Christine Miserandino qui vient illustrer ce que peut vivre une personne avec une maladie, un trouble ou un handicap en lien avec une réserve d’énergie comparé à un nombre de cuillères. Cette personne dans sa journée dispose d’un nombre de cuillères. Chaque activité qu’elle fait peut lui demander d’utiliser une partie de ses cuillères. Si on arrive à cours de cuillère, on n’a plus d’énergie. Christine mentionne que par exemple, une personne malade pourrait n’avoir que 12 cuillères dans sa journée et que juste se préparer le matin pourrait venir en prendre la moitié. La théorie des cuillères permet donc d’illustrer simplement une réserve d’énergie qui est propre à la maladie, le trouble ou le handicap de la personne. En comparaison, une personne en santé peut avoir une réserve illimitée de cuillère. La personne malade doit faire des choix, elle priorise certaines activités et elle doit accepter qu’elle ne puisse pas suivre le même rythme que la norme. Je vous invite à aller en lire davantage sur son site ICI.
L’idée est de comprendre que chaque personne a un niveau d’énergie différent. Il est normal qu’une personne avec un trouble de santé mentale comme le TDAH de ne pas avoir la même réserve d’énergie qu’une personne sans le trouble. Ceci peut être aussi vrai pour une personne avec un HPI.
Ce qui est important de se poser comme question, si vous avez l’impression que votre énergie se vide plus rapidement c’est : en faites-vous trop par rapport à vous-même? Pas selon les autres, mais selon vous. Si votre rythme de vie ne vous convient pas, même s’il est dans la norme, écoutez-vous. Personnellement, j’apprends à reconnaitre mes limites. Je peux être performant et efficace, mais je sais que je ne peux pas soutenir le même rythme que les autres. Je m’écoute. Par exemple, j’essaie de diversifier mes activités personnelles et professionnelles et de les mêler dans mon horaire pour avoir des coupures. Je suis beaucoup plus efficace à faire un sprint de travail une journée et ensuite prendre une pause le lendemain que de faire le même travail sur 2 jours.
Cependant, il faut faire attention de ne pas passer toujours de 0 à 100. Ne pas oublier la règle du 80/20. La perfection est l’ennemi du bien. J’ajouterais que la perfection est aussi l’ennemie de mon énergie, mes cuillères et mon bonheur.
Recharge en cours
Pour le moment, j’ai parlé beaucoup de l’énergie comme une ressource qu’on dépense. Cependant, elle doit bien venir de quelque part. Il existe des activités et des habitudes de vie qui me redonnent de l’énergie. Notamment, me garder actif physiquement au quotidien m’aide à me sentir mieux dans mes journées. Quand je pratique de l’exercice physique que ce soit une simple marche le matin en me levant ou du sport, je remarque que j’ai beaucoup plus de facilité à enchainer plusieurs activités. Comme si bouger me met en action pour le reste de ma journée.
Ensuite, s’assurer d’avoir un bon horaire de sommeil et de bien manger permet aussi de garder mon niveau d’énergie plus élevé. J’ai remarqué que la consommation de sucre chez moi pouvait venir jouer négativement sur mon énergie. Le sucre est un shooter d’énergie, mais rapidement il en faut plus sinon c’est la chute libre. Je fais plus attention à ce que mange. Cela peut sembler être des banalités, mais la triade bien bouger, bien dormir et bien manger sont le cœur pour se sentir mieux au quotidien. Si vous savez que vous avez des lacunes à l’un ou plusieurs de ses niveaux, je vous invite à vous questionner : quelle est la plus petite chose que vous pouvez faire pour commencer à changer vos habitudes? Par exemple, si vous être sédentaire, une action simple à prendre pour y remédier pourrait être de faire une marche de 10 minutes par jour au moins 5 fois par semaine. Pour vous construire des objectifs SMART, je vous invite à lire CECI.
De plus, une valeur qui m’aide beaucoup à ne pas dépenser de l’énergie dans le vide est d’être authentique. Quand je suis authentique avec les gens qui m’entoure, je me sens mieux. Je laisse tomber les normes sociales que je ne comprends pas et je reste moi-même. Dans mes relations sociales cela peut vraiment transformer le contact avec l’autre en quelque chose qui ne consomme peu, voire me redonne de l’énergie au lieu de m’épuiser. Ce n’est pas juste avec les autres que je dois être authentique, mais aussi avec moi-même. En écoutant mes besoins et mes envies, en m’acceptant davantage, je passe moins de temps à ruminer ou à douter. Ma tête se libère pour penser à autre chose.
Finalement, je voulais mentionner les médicaments pour le TDAH comme une autre piste de solution. Ceux-ci m’aident aussi à avoir plus de concentration et d’attention ce qui se traduit par davantage de temps que je suis capable d’allouer à du travail ou des tâches. Prochainement, je vous en parlerai davantage dans un autre article, mais je voulais prendre le temps de mentionner que la médicamentation peut aider si vous sentez que vous avez de la difficulté à ce niveau. Si c’est quelque chose que vous croyez qui peut faire la différence pour vous, je vous invite à consulter un médecin.
Encore une fois, merci d’avoir pris le temps de me lire. Je vous invite à partager votre vécu en commentaire si vous le souhaitez. Moi, je vais aller me reposer.
