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La double exceptionnalité est un terme utilisé pour désigner une personne vivant à la fois avec un HPI et avec un trouble neurodéveloppemental. Il arrive donc qu’une personne se retrouve avec un HPI et avec un trouble comme un trouble du spectre de l’autisme. Il peut y avoir des personnes avec un trouble bipolaire et avec un HPI. Bref, toutes les combinaisons peuvent exister et l’on appelle ce phénomène la double exceptionnalité (2e). Il faut savoir qu’une personne avec une double exceptionnalité (ou même une triple et plus si elle a d’autres troubles) peut vivre un plus grand sentiment de décalage qu’une personne seulement HPI ou seulement TDAH (trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité). Aussi, lorsqu’on parle de double exceptionnalité, on peut parler de masquage. Par cela, on parle que le HPI ou le trouble en question cache une partie des symptômes de l’autre, car il est plus présent, plus exprimé chez la personne.

Par exemple, chez une personne HPI avec un TDAH, on peut se retrouver avec trois cas. Premièrement, le HPI et le TDAH ne se masquent pas. On a une personne qui vit avec les deux réalités distinctes qu’on peut facilement voir chez la personne. Deuxièmement, on peut avoir une personne avec un HPI qui masque son TDAH. On va donc percevoir davantage les caractéristiques HPI dans sa façon d’être et ceux-ci vont être teintés de caractéristique du TDAH. Troisièmement, on peut avoir un TDAH qui masque son HPI. On a donc principalement les caractéristiques TDAH qui viennent rendre difficile de percevoir le HPI. Bref, il faut voir la double exceptionnalité comme un mélange de deux couleurs qui créent une nouvelle réalité propre. Cette réalité peut être plus concentrée d’une couleur qu’une autre, mais le résultat final est la couleur qui ressort. Ce n’est pas beaucoup de rouge avec un peu de jaune, c’est orange foncé.

Le TDAH, c’est quoi ?

Ici, je veux vous parler principalement de la double exceptionnalité HPI/TDAH. Personnellement, je vis avec cette réalité. Je veux donc essayer de décrire un peu mieux comment ça peut être vécu. Avant tout chose, je me dois de vous dire ce qu’est le TDAH. Je tiens à rappeler que chaque personne est différente et que mon blogue se veut un outil de compréhension accessible et pas nécessairement la réalité absolue. Je vais simplifier et décrire rapidement le TDAH, mais si ça vous intéresse davantage, il y a beaucoup d’informations sur le TDAH de disponibles en ligne et en bibliothèque. Un jour, on espère que le HPI sera lui aussi autant connu. Alors, le TDAH, c’est quoi ? Le trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH) est un trouble qui joue sur deux aspects soit : l’inattention (TDA) et l’hyperactivité et l’impulsivité (H). L’inattention est donc une difficulté cognitive dans le soutien de l’attention dans plusieurs contextes. Les stimuli externes peuvent être facilement une grande source de distraction. Aussi, l’inattention peut venir jouer négativement sur la mémoire et l’organisation. L’hyperactivité et l’impulsivité sont la deuxième composante du TDAH. Il est important de savoir qu’il est possible d’avoir un TDA, c’est-à-dire un trouble de l’attention sans hyperactivité. L’hyperactivité est représentée par quelqu’un qui gigote beaucoup et qui a besoin de se lever souvent. On peut le voir comme quelqu’un qui est sur des ressorts. L’impulsivité est quelqu’un qui va avoir de la difficulté à se contrôler. Rapidement, il peut parler trop ou couper la parole. Le TDAH vient donc influencer à la fois la cognition et les comportements de la personne. Il est possible de prendre des médicaments pour atténuer les symptômes du TDAH. Si vous voulez en apprendre plus sur le TDAH, je vous invite à aller voir les critères du DSM-5 pour avoir une idée des différentes manifestations. Aussi, il existe plusieurs vidéos sur YouTube de personnes qui confient leur réalité de TDAH si cela vous intéresse.

Certaines difficultés des HPI/TDAH

Dans le cas de la double exceptionnalité, plusieurs difficultés peuvent être vécues. Vous pouvez vous en doutez, mais le HPI n’étant pas encore bien défini et ne faisait pas consensus dans la littérature scientifique, les cas plus pointus de la double exceptionnalité sont encore plus durs à comprendre. Il y a encore moins d’informations que sur le HPI. Tout de même, on peut croire que certaines caractéristiques du TDAH peuvent venir amplifier certaines caractéristiques du HPI. Prenons par exemple l’hypersensibilité, celle-ci peut-être davantage accrue par le TDAH qui lui-même amène une sensibilité aux stimuli externes supérieure à la moyenne des gens. Par exemple, une personne peut être très sensible à certains sons, certaines odeurs et même certains objets qui obstruent son champ de vision. Il y a aussi les textures d’objets qui peuvent être difficiles. Par exemple, certains objets peuvent amener la même réaction chez une personne hypersensible que si quelqu’un grafigne un tableau de craie. Une autre difficulté peut être au niveau de la mémoire. La mémoire de travail (court terme) peut être parfois plus difficile pour les personnes avec un TDAH et un HPI, mais ils peuvent compenser par une bonne mémoire à long terme. Une personne TDAH peut donc parfois répéter en boucle une information dans sa tête pour ne pas l’oublier ce qui peut être épuisant à la longue.

Un HPI/TDAH peut sentir que son cerveau va extrêmement trop vite. Comme un TDAH, ses pensées s’enchainent et il ne sait plus où donner sa tête. Comme un HPI, il a beaucoup d’idées et de créativité. La somme des deux est une véritable tempête dans le cerveau qui ne s’arrête que lorsque l’épuisement est atteint. Cela peut amener des « crashs » d’énergies. Son mode de fonctionnement n’est pas comme la norme. Il peut rapidement produire une grande quantité de travail, mais après devoir prendre une pause de plusieurs heures, car il est surchargé mentalement. Cela peut venir jouer sur l’estime de soi.

Justement, une autre difficulté du HPI/TDAH est que, intérieurement, la personne HPI/TDAH peut se sentir encore plus en décalage avec les autres, car elle ne correspond pas à un HPI ni à un TDAH, mais comme mentionné plus haut elle a sa propre couleur. De plus, les personnes HPI/TDAH peuvent parfois avoir tendance à avoir un jugement autocritique très fort envers eux-mêmes. Ils peuvent se comparer aux autres en se disant : je suis dysfonctionnel. Ils peuvent sentir qu’ils n’ont pas leur place dans la société et qu’ils sont le mouton bleu des moutons noirs. Si vous sentez un décalage fort, je vous invite à trouver un proche ou un spécialiste comme un psychologue pour vous accompagner et en parler.  Il a encore beaucoup à dire sur la double exceptionnalité et les autres formes comme HPI/trouble du spectre de l’autisme. C’était un premier jet de ma part pour sensibiliser à cette réalité particulière.

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