Quand nous sommes différents de la norme, que ce soit par la présence d’un HPI ou de toute autre neurodiversité, il peut arriver que les relations sociales se compliquent. La relation à l’autre peut être parfois plus difficile ou plus facile. Dans tous les cas, elle est particulière. Les HPI peuvent parfois sentir un fort sentiment de décalage par rapport aux personnes de leur entourage. Ce sentiment de décalage peut être vécu de façon très difficile quand une personne la vit sans vraiment le comprendre. Par exemple, elle ne sait pas qu’elle est HPI, mais elle se sent différente sans pouvoir l’expliquer. Même si elle est au courant de sa différence, ce n’est pas toujours facile de frapper un mur dans l’interaction avec l’autre.
Soirée entre amis, ce n’est pas toujours évident
C’est la fin de l’année scolaire, Max va rejoindre ses amis dans un bar pour fêter le travail assidu de tous (ou presque). La soirée n’est pas encore commencée que Max se questionne sur comment il devrait agir. Il se demande s’il devrait s’habiller propre ou décontracté. S’il devrait arriver plus tôt ou plus tard. Quand il arrive en avance, il a toujours un malaise à accueillir les gens. Il se demande s’il énerve le monde et ne sait jamais où s’asseoir. S’il arrive plus tard, il n’aura pas cette gestion. Cependant, il y a Béatrice dans son groupe d’amis qu’il souhaiterait pouvoir s’asseoir à côté. S’il arrive trop tard, la place risque d’être prise. Max se rappelle qu’elle a tendance à arriver dans les 3 premiers. Il sait que Henri, qui arrive souvent en premier, arrive toujours 5 min après l’heure du rendez-vous. C’est décidé, Max va arriver 10 min après l’heure convenue, ce qui devrait lui permettre d’être à côté de Béatrice. Max commence à douter, elle ne veut peut-être pas être à côté de lui.
La soirée n’est pas commencée et Max est déjà épuisé. En route, il se questionne sur les conversations qu’il pourrait avoir. Il aime beaucoup philosopher, mais il se demande si ça va être approprié. Il s’agit d’un party de vacances d’été, il ne voudrait pas casser le mood en rappelant à tout le monde qu’il y a plusieurs guerres dans le monde et que toutes les forêts sont en train de brûler. Max réalise qu’il est en train de penser aux conversations qu’il pourrait avoir. Il se juge et se trouve bizarre de ne pas juste pouvoir être naturel et spontané. Il aimerait être normal pour une fois et juste passer une belle soirée sans être dans sa tête. Max arrive finalement. La soirée commence, il est assis à côté de Béatrice, mais celle-ci parle à Henri. Max se dit qu’elle ne doit pas vouloir lui parler.
Bref, je pourrais continuer longtemps cette petite histoire. Il s’agit d’un exemple pour montrer comment une simple soirée dans la tête d’un HPI peut demander une quantité de ressources mentales énorme. Il n’est pas rare que le HPI réalise qu’il pense trop et se voit aller à la 3e personne. C’est un moment de semi-déconnexion où il s’observe dans sa tête aller. Il peut parfois se sentir seul dans sa tête et même culpabiliser de ne pas vivre le moment présent comme tous les autres. Le décalage peut se faire sentir à plein de moments au travers de simples conversations, mais aussi des comportements plus subtils. Cependant, ce n’est pas toutes les soirées qui se passent ainsi (une chance !). Le contexte et les personnes viennent jouer pour beaucoup. Pour le cas de Max, on peut croire qu’il n’était pas 100% lui-même, car il prévoit en avance de ne pas parler de certaines choses. En règle générale, plus une personne est authentique, moins elle va se remettre en question et suranalyser le moment. Cependant, après la soirée, le HPI a tout le temps pour revivre le moment dans sa tête…
J’aimerais pouvoir offrir une solution magique, un moyen de faire en sorte que les personnes HPI profitent plus du moment avec leur entourage sans être trop dans leur tête. Je ne crois pas en la magie, mais être plus authentique est surement un bon début pour se sentir mieux avec les autres. Il s’agit d’une façon d’être, mais pour y parvenir il faut beaucoup de travail sur soi et d’autocompassion. Soyez vous-même. Vous pouvez dire une connerie. Vous pouvez ne pas être parfait dans chacune de vos interactions. Les autres aussi ne sont pas parfaits. J’aime me dire que si moi je passe tout ce temps à m’analyser après une soirée entre amis, les autres qui repensent à la soirée sont surement eux aussi égoïstes (pas dans un sens péjoratif). Ils pensent à eux, et non à un détail que j’ai dit ou à un mini malaise que j’ai fait qui a duré 2 secondes.
Intensité des relations
Un autre aspect que je voulais aborder est l’intensité avec laquelle les HPI peuvent vivre leurs relations avec les autres. L’attachement d’un HPI envers un proche peut être vécu de façon très intense en amour, mais aussi dans les relations amicales. Un HPI s’engage souvent dans ses nouvelles relations avec une grande intensité. Il peut avoir de la difficulté avec les amitiés moins authentique ou les amitiés de surface (ex : collègue de travail). Pour un HPI, dire que quelqu’un est son ami, mais vraiment un ami, c’est dire beaucoup. De plus, un HPI souhaite souvent retrouver chez son ami quelqu’un avec qui il va pouvoir entretenir des conversations profondes. S’il sent que son entourage est incapable de le suivre dans ses raisonnements, il peut se sentir encore plus décalé de ceux-ci. Il faut souvent avoir une grande écoute pour être ami avec un HPI. Les nouvelles relations peuvent être difficile pour un HPI en raison de cette recherche d’intensité. Ils cherchent souvent des relations « parfaites » et ils peuvent avoir tendance à se remettre beaucoup en question ou à suranalyser. Cependant, cette intensité n’est pas juste négative. Elle permet de développer des relations riches et profondes avec les autres. Avoir un ami HPI, c’est aussi avoir quelqu’un de coloré dans son entourage. Il s’agit d’ami fiable, authentique, disponible et à l’écoute.
Merci de m’avoir lu sur ce sujet difficile à exprimer. À l’avenir, j’ajouterais d’autres articles sur ce sujet si ça vous intéresse. Je vous invite à partager votre expérience en commentaire qu’elle soit positive ou négative si vous en sentez le besoin. Ça sera un plaisir de vous lire. À bientôt !

Wow. Il s’en passe des choses dans la tête de ma fille! Elle est HPI. J’avais dû mal à comprendre quand elle me disait que dans les party de famille c’était compliqué. Maintenant je comprends. Merci.
Merci beaucoup pour votre commentaire, ça me touche énormément de savoir que j’ai plus faire une différence positive pour la compréhension. Je suis ému d’un simple commentaire, ça ferait un bon article sur l’hypersensibilité émotionnelle.
Une des choses les plus difficiles à expliquer, c’est le besoin de solitude récurent que j’ai. Les interactions sociales m’épuisent rapidement: je m’investis toujours à fond, je ne peux pas faire autrement, je suis et ai toujours été intense. Je rejoue dans ma tête chaque discussion que j’ai eue et la décortique, en essayant de penser à d’autres façons dont elle aurait pu se dérouler. Les fêtes ou soirées, avec leur musique à plein volume, les lumières qui flashent et qui changent de couleur non-stop, et tous ces gens qui parlent et qui rient fort me sont insupportables. Je ne suis pourtant pas contre les fêtes, je suis une personne enjouée, capable d’être sociable. Je navigue les conversations habilement. C’est mon cerveau qui fatigue vite. A force de tout absorber, d’essayer de tout trier, de tout sauvegarder, il finit par surchauffer et je vis un genre de shutdown mental. J’ai besoin du silence. Il me permet de me reconnecter à moi-même, de défaire ce noeud à la poitrine. Certains ne comprennent pas, y voient plutôt un repli sur soi, un rejet du monde extérieur. Je m’en fiche, j’ai décidé d’être heureuse et mon bonheur passe par l’écoute de ma propre voix.
En effet, un cerveau suractif peut s’épuiser plus vite. Je suis content que tu t’écoutes. C’est bon de connaitre ses besoins. Merci de me lire et d’avoir pris le temps de partager ton ressenti.